/// 307. depuis longtemps, un texte… ///

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à l’occasion de tel ou tel appel, le E. s’exerce…

une fois le texte achevé (rarement) ou abandonné (plus souvent qu’à son tour), il passe à autre chose…

alors, l’explication : ce texte a été écrit (et proposé / événement rarissime puisque… unique, semble-t-il / et refusé…) à l’occasion de l’appel à textes de la revue Dissonances (n°24, été 2013).

le E. vous en souhaite bonne lecture

(à voix haute, en principe… les textes du E., hein…)

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et si tu veux t’accompagner d’une bande sonore… tu cliques là :

http://syn-anton.bandcamp.com/track/bois-des-racines-edit-version

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[ema] ©E.5131 / janvier, février 2013

 

je songeais à ça, l’autre soir, le cou à l’équerre

la face au jardin

plongé dans la nuit – peupliers – un bougeoir dans le dos

 

et la fenêtre entr’ouverte, entre toi et moi

et l’œil sur l’applique

et…

oui, point

 

ces petites bêtes qui se guident à ta lumière, s’introduisent et se collent au plafond et ne bougent plus, tu vois ?

 

séduites, minuscules, transparentes, allongées

d’une finesse pareille à celle

du plancton marin. insectes des marais et du soir…

une grosse tête pour un corps tout fin… quand elles sont là, elles sont là

 

tu – as laissé la fenêtre ouverte

la lumière allumée

entre autres mots : tu – les as invitées

 

en place. à l’orée de la fenêtre, à l’approche de l’ampoule

épinglées là – en terrain par trop aimable

alors… alors ?

 

plus un geste, pas un mouvement !

 

et tu clos – la nuit

prends l’escalier, rejoins ta couche et songe… ou rêve…

 

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et des mois plus tard,

elles sont là, elles n’ont pas bougé. aucun déplacement, ni furtif, ni rien

 

elles sont là

collées au plafond, installées là, avec leurs gros yeux noirs

et presque leur sourire

 

tu t’échines en cuisine, tu regardes un mauvais film, tu joues aux cartes, mènes le petit au bout…

elles sont là

que tu ouvres ou fermes l’œil, les volets

quand tu dors…

 

elles sont là

 

///

 

lancinant

à petits pas

ou de grande envergure

derrière la porte, au coin de chaque rue, je suis [ema]

 

 (je ne sais plus qui)

 

[ema] tapi, caché, dissimulé, sous le lit, sous l’envie

le parapet… qui saute, te fait sauter

 

partout [ema]

partout… [ema]

 

la petite décharge, régulière, en arrière de ta nuque, à la façon de l’horloge, chaque seconde qui palpite, tic, tic, la nuque… qui te pousse du doigt, hors la cage. toc toc…

 

je m’explique :

 

de même que j’ouvre la porte qui doit rester fermée

je t’ouvre l’œil, je t’apprends à voir, à désespérer – la lucidité ? la belle affaire… le ravissement vain

une marche, le parapet

j’accompagne ta progression, te soutiens – tu manques de force

la paume de ma main sous ton coude affaibli

 

et te voilà au-dessus des eaux boueuses et dangereuses

im-pé-tu-euses, à gros bouillon…

« la fange », dont vous parlez à l’envi…

 

et c’est le plus beau moment de ta vie !

 

enfin, tu vois… !

ah, ça ! d’étranges choses… et ne m’en parle pas !

ah !

si la chair s’exprimait…

 

et je t’apprends que tu es en vie

et je t’apprends à poursuivre

 

l’œuvre, ton œuvre, la vôtre : la mienne !

me voilà enchanté… ! c’est l’enthousiasme… et je m’égare

 

les arts… les arts…

plein de moi(s) !

 

point !

oui

 

///

 

[ema] inspire, se nourrit de tout

 

du manque de vigueur au surplus, à la vidange nécessaire…

accroupi(e), je t’accompagne, me repais

sur ta cuisse entr’ouverte, sur ton jardin épais

je lis dans vos livres, dans vos cervelles inquiètes

 

m’inspire, me nourrit de vous

 

du troc. entre nous

je ne suis jamais repu

 

tchin !

 

[ema] partout, qui t’illusionne, te met à bas ou te montre d’autres vrais

 

et tu dis : « [ema]… s’abat sur moi, je ne sais plus qui »

 

et moi

le sourire posé sur tes souffrances

dans l’ombre de tes pensées peu fières

 

dans le fruit de tes entrailles, dans la chaleur qui fuit, la pression sur la cervelle

l’éclatement en étoiles

 

je suis [ema]

la douleur

la joie

 

ô mon dieu !

 

(je ne sais plus qui…)

m’a créé

je porterais deux ailes

 

je suis, je suis, je suis

 

on dirait que je serais…

 

lemal

 

©E.5131


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©E.5131

"que vois-tu...?" ©E.5131

« alors, que vois-tu…? » ©E.5131

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À propos de humtoks

un parmi d’autres /
énième copiste /
fasciné par l’imposture /

un œil, une oreille, une cervelle, parfois…

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