Category: les hum.eurs du sieur E.

décembre 7th, 2015 by humtoks

/// Lettre à Lagrande / -1- ///

Dans quelques mois, tu auras le droit de voter… (7 décembre 2015)

.
J’aurais beaucoup à dire sur chaque point abordé //je sais, je te connais, papa…//, mais je vais essayer de synthétiser ma pensée de manière à te rendre tout ceci lisible et compréhensible. Je développerai plus tard.

Comme à chaque fois qu’on échange ou que je réponds à tes questions, je vais te dire que peut-être que je me trompe et qu’il faudra te faire ton propre avis en creusant toi-même, en croisant, en comparant, en confrontant les différentes lectures du monde possibles… et la tienne.
Il faut savoir se faire confiance.

Bonne fête, ma grande !

.
INTRO /

On a du mal à pavoiser ce matin.
Le drapeau, on le range.
En forme de flamme, hein… c’est moins tentant.

.
I. Je l’avais dit… /

Lendemain du 1er tour des Régionales 2015 : le FN vire en tête.

Je croise un copain, en ville.
— Alors, ça va, toi ?

Oui, je suis militant Front de Gauche… Ce résultat, donc, me concerne… D’où la question.

Mais je m’interroge : pourquoi les militants politiques devraient-ils se sentir plus concernés que les autres par ce résultat…?
Plus déçus, plus vaincus, plus atterrés, plus combatifs, plus défaits, plus braves, plus à l’attaque…?

Les lendemains d’élections se ressemblent tous. On dirait que pour certain-e-s, avec la semaine qui précède, c’est le seul moment pour « en » parler…?

— Alors, quel pourcentage…?

J’ai envie de répondre : Et toi…? Qu’est-ce que tu en penses…? Tu le vis comment…? Tu t’es positionné, tu es allé voter…? Pour qui…? Pour quelles raisons…? Utile…? Selon tes convictions, ou non…? Et maintenant, penses-tu que les politiques menées par ceux qui ont paradé sur les plateaux vont avoir une influence sur ta vie, celle de tes enfants… ou seulement sur la mienne…? //je sais, papa, j’ai déjà vu ta tête en pareille situation…//
Mais quelque chose résiste encore en moi, heureusement : il faut éviter d’être abrupt.

Je passe sur le fait qu’être réduit à une couleur politique, une case, un mot (« encarté »), un résultat, quand tu défends les libertés, la réflexion, les différences, l’esprit critique, les nuances, c’est très frustrant et vexatoire.

Alors, je suis poli et avenant. //sourire dissimulé de Lagrande…//
Je lui réponds que je suis soulagé. //soulagé…? //
Oui, je lui réponds que je suis soulagé parce que ça me rassure. // ça te rassure…? //

Oui. Je ne suis pas fou, je m’amuse un peu… Faut bien.
Tu sais, j’annonce ce raz-de-marée du FN depuis décembre 2006, c’est-à-dire depuis mes premières chroniques « politiques ».

A cette époque-là, mon jeune point de vue de p’tit gars de la trentaine passée était simple (et toujours d’actualité) : je pensais que les politiques menées successivement par le PS et le RPR/UMP/LR ne pouvaient qu’entraîner l’augmentation
— de l’abstention d’une part,
— du vote FN, d’autre part.

Je lui dis que cela me rassure sur mes facultés mentales, donc, mais je ne vais pas dans les détails : ça ne sert pas à grand chose de jouer ou d’être une Cassandre.

Je te le dis, mais tu le gardes pour toi : je suis soulagé parce qu’on me prenait pour un sot. On souriait ou l’on se mettait gravement en colère. Tellement bien que j’en suis venu, ironiquement, à rassembler mes chroniques, posts, infos, sous le titre Salut les Parano-e-s !

Et dans le même temps, je faisais écrire à E.5131 (c’est dire si je suis têtu…) :

« Le seul et triste plaisir du parano-e est de vérifier un jour qu’il avait malheureusement raison… ».

Alors, à quoi sert-il de jouer les Cassandre, de dire « je l’avais bien dit  » ?
Je crois que ça ne sert à rien. On ne change rien. Au mieux, on prend soi-même des décisions et on agit. // c’est là que tu veux en venir, papa…? 😉 //

Et je sais, par contre, j’en suis assuré, maintenant, que bien souvent, autour de la table, l’idiot, ce n’est/n’était pas moi…

Ne pas voir ce qui est à l’œuvre n’est pas très grave (mieux vaut tard que jamais…), prendre l’autre pour un imbécile… si.

///

— Alors, ça va, toi…?

.
Hum Toks & E.5131

La suite : /// la lettre -2- / II. Comment vais-je réagir…? ///

///

/// "ça, c'est quand le E. s'amuse... / (tu viens jouer, avec lui...?)" / ©E.5131 ///

/// « ça, c’est quand le E. s’amuse… / (tu viens jouer, avec lui…?) » / ©E.5131 ///

Posted in journal/extrait, les hum.eurE.s, les hum.eurs du sieur E., Politique, Salut les Parano(e)s !, textes Tagged with: , , , , , , , , ,

novembre 30th, 2015 by humtoks

.
si tu écoutes « Les Loups »,
chanson écrite par Albert Vidalie et chantée par Serge Reggiani en 1967, tu t’apercevras que c’est un morceau qui fonctionne comme un cercle…

arrivé à la fin, tout recommence…

voici le début du texte :

« Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout
Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
Pour eux c’était qu’du cinéma Le ciel redevenait sauvage,
Le béton bouffait l’paysage… alors
Les loups, ououh! ououououh!
Les loups étaient loin de Paris (…) »

puis les loups entrent et dévastent Paris, jusqu’à ce que…

« Il en vint des mille et des cents
Faire carouss’, liesse et bombance
Dans ce foutu pays de France Jusqu’à c’que les hommes aient retrouvé
L’amour et la fraternité… alors
Les loups ououh! ououououh!
Les loups sont sortis de Paris »

le rire d’Elvire, à la fin du texte, laisse présager la suite…
arrivé à la fin, tout recommence…

///

voici les dernières lignes d’un récit en cours d’écriture :

« (…) et bientôt, observant que l’indifférence et la passivité n’amenaient rien, mais au contraire leur faisaient perdre tout, nos enfants, empruntant enfin la voie tracée par nos petits-enfants,  se battirent pour recouvrer ce que nos grands-parents avaient gagné par la lutte : droits et libertés… » E.5131

amour, fraternité, sororité…

.
Hum Toks & E.5131

///

"amour et fraternité..." ©E.5131

« amour et fraternité… » ©E.5131

Posted in Bah ça alors©, bio, chronique le cd, en cours d'écriture..., images, journal/extrait, les hum.eurE.s, les hum.eurs du sieur E., Salut les Parano(e)s !, textes Tagged with: , , , , , , , , , , ,

novembre 5th, 2015 by humtoks

.
je veux bien que l’on doute de tout…
mais la moindre des choses serait de commencer par soi…

.
Hum Toks & E.5131

///

"la liberté et le doute..." ©E.5131

« la liberté et le doute… » ©E.5131

Posted in en passant, images, les hum.eurE.s, les hum.eurs du sieur E., promenade Tagged with: , , , , , ,

novembre 3rd, 2015 by humtoks

.
concours :

poulpe à gants de boxe et caresses du ciel
(et dur de la feuille)

.
le Goncourt encore… il s’est enfui et ne reviendra jamais…

.
Hum Toks & E.5131

"and the winner is..." ©E.5131

« and the winner is… » ©E.5131

///

Posted in images, journal/extrait, les hum.eurE.s, les hum.eurs du sieur E., promenade Tagged with: , , , , ,

novembre 2nd, 2015 by humtoks

.
« vivons heureux-ses, vivons caché-e-s… »

et laissons faire…?

.
Hum Toks & E.5131

"vivons caché-e-s ?" ©E.5131

« vivons caché-e-s ? » ©E.5131

Posted in Bah ça alors©, en passant, images, journal/extrait, les hum.eurE.s, les hum.eurs du sieur E. Tagged with: , , , , , , , , ,

décembre 17th, 2012 by humtoks

.
[[[ pour s’abonner aux publications de ce site… (format RSS) : clic ! ]]]

///

.
si je vous le disais, vous ne le croiriez pas, alors je ne dis rien. non, non, j’insiste…

Bah ça alors©

E.

///

« impatience vs étonnement » ©E.5131

"impatience vs étonnement" ©E.5131

///

Posted in Bah ça alors©, dans les coulisses, les hum.eurs du sieur E., textes Tagged with: , , ,

mai 15th, 2012 by humtoks

« les hum.eurE.s -1-«  2012-05-15 / ©E.5131

le E. l’a reçu trois sms. les a conservés. muséal.
le premier : « Yes ! ».
le deuxième : « Dégage ! ».
le troisième : « Casse-toi pov’con ! ».
fallait s’y attendre…

la foudre… non de dieu, l’avion a pris la foudre… et y en a des qu’ont failli le répandre à l’écoute de la nouvelle. il plonge, le n’avion ? il s’abîme ?
/ eh nooon…

bon, les commentaires des journaleux sont au niveau, il vérifie avec son testeur, le E. :

l’un pense que le premier ministre tout nouveau nommé n’est pas souriant, qu’il va devoir apprendre…
la journaleuse lui fait remarquer que le précédent premier ministre n’était pas des plus souriants… (comme quoi, z’apprennent au moins les figures de style, à l’école, les zournaleux…).
le E. trouve que c’est un débat passionnant… il baille, mais ne dort pas.

la semaine dernière, y en une qui disait que le Hollande l’allait pas pouvoir garder le sourire comme ça, que ça se faisait pas… et de rencontrer la foule de si près, et tout ça, et que ça se faisait pas… pas le protocole, qu’il allait falloir apprendre…

alors, tout le monde a droit au demi-tour de l’avion que quand même vous vous rendez compte…
c’est l’image importante du jour pour les media, qui se refusent à l’exercice intellectuel, trop fatiguant…

et tout le monde a droit à la page « pari-en-ligne » : qui sera ministre ?
/ pfff.

et là, le E. l’est en bagnole. l’est parti chercher Lagrande. il doit avoir 10 mn de retard. elle attend, assise. son sac de sport sur les genoux. elle se redresse et arrive avec le sourire…

— alors qu’est-ce que tu vas me dire ? que les quatre pneus étaient crevés, que t’as été attaqué par un grizzly, que tu t’es échappé en volant dans les airs comme quand t’étais cowboy et que… (elle regarde sa montre) c’est pour ça que t’as… 22 mn de retard ?
/ et elle insiste sur le « 22 ».

22 ? ça lui dit quelque chose… au E.
y s’dit qu’faut p’t’être battre en retraite — qu’y a bien que sur celle-là (retraite) qu’il peut compter…

alors y dit rien. y sourit. pas envie de prendre la foudre, ni la flotte, aujourd’hui…
pas répondu, ce E. grand courageux.

y négocie la sortie du système capitaliste avec Ang(u)ela…

ou alors… ou alors…
autre lecture…

(changement de décor…
entracte : « qui veut sucer des couleuvres… ? c’est pas cher… »)

— c’est qui le président, demande Toupetitou.
— c’est lui.

Madame Point lui montre une image, à l’écran.

— ah oui ? Hollande ?
— oui. c’est bien, dis-donc ! (elle parle de Toupetitou… hum.).
— dis, maman… Hollande…
— oui ?
— c’est quand qu’y part ?

pour Toupetitou, non plus… le changement, c’est pas maintenant.

Bah ça alors©

///

salut les parano(e)s !
E.

///

©E.5131

///

Posted in Bah ça alors©, journal/extrait, les hum.eurE.s, les hum.eurs du sieur E., textes Tagged with: , , , ,

mai 4th, 2012 by humtoks

« journal/extrait » 2012-05-04 / E.5131

 

ce jour-là,
début juillet 1998,
l’arrivée, sur le quai de la gare de Maubeuge, était modérément
enthousiaste…

certes,
Iggy Pop jouait là, venu faire son « american caesar », mais nous n’étions pas, Madame Point et moi, venus pour lui…

le ciel était chargé et, d’ailleurs, jamais nous ne vîmes de clair de lune, à Maubeuge…
il pleuvait des cordes et des lacets… les autochtones nous assuraient qu’il faisait beau pour la saison (juillet…).

nous venions pour chercher un nid… et accueillir quelques mois plus tard, Lagrande.

concernant les logements en location, les agences immobilières tenaient deux dossiers :

celui pour les clients potentiels au chômage
celui pour les profs ou gendarmes mutés là, pas le choix, avec libération du lieu dans les trois ans…

pour nous, ce fut trois mois…

mais revenons sur le quai de la gare…

la france s’apprêtait à disputer une place en finale et l’italie serait malchanceuse… il était écrit, et je le réécris là, ce soir, que nous vivrions les dix dernières minutes dans un bar, en face de la gare, à notre retour sur Paris. la barre transversale et le hurlement de joie, la délivrance (pas la libération) dans toute la capitale !

sur le quai de la gare (retour à Maubeuge…), personne.
nous avançons.
c’est l’inconnu, une ville, une région où nous devons poser les valises. nous nous raviserons. la région, oui… cette ville, à ce moment-là, ça n’était pas possible. j’ai beaucoup écrit, à l’époque. un roman… inachevé. un de plus. à l’époque, on enregistrait les fichiers sur des disquettes… je fabriquais des trucs à manger en vitesse aussi, et passais beaucoup le balai et la serpillère le matin vers 7H… à 600km de là, le reste de la semaine… mais c’est une autre histoire…

sur le quai, personne.
dans le hall (de la gare de Maubeuge…), personne. nous avançons.
sommes sur le trottoir, prêts à quitter la gare quand une fourgonnette arrive. à l’avant, jay-jay johanson.
je m’arrête.
interdit.
je pose le sac à dos.
nous avons rendez-vous

dans un quart d’heure, dans une agence immobilière… merde !

la porte arrière s’ouvre et déboulent trois mecs. rieurs. ils devaient se raconter des blagues… même jay-jay johanson avait le sourire… jay jay que le Syn- a interviewé à Poitiers, à peu près à la même époque…

ils nous regardent, Madame Point et moi. ils savent que je les ai reconnus. ils ont lu sur mes lèvres, dans mes yeux : les Beastie Boys.
nous avons rendez-vous

dans un quart d’heure, dans une agence immobilière… re-merde !

je voudrais prendre un café, discuter. ils l’ont compris et rient.

je leur dis « hello », quoi d’autre… un geste de la main… salut… et nous y allons. nous avançons vers la ville… cinquante mètres et je me retourne, ils nous regardent encore, sur le trottoir, avec de grands gestes, rires aux lèvres…

oui, rendez-vous. j’aurais bien pris un café, une bière… pour débuter cette journée. eux pour l’achever…?

c’était comme une invitation, ces trois clowns sur le trottoir, la gare de Maubeuge dans leur dos…

///

ce soir, plutôt que le dixième texte « la campagne », ce sera un souvenir… une pensée. une hum.eur maussade…

Adam Yauch est parti. les Beastie Boys ne sont plus que deux…
pourquoi cette tristesse ? le cœur qui se tord… ?
on pense aux siens… oui, et on pense aux autres…

incroyable cette part que peuvent prendre certains, malgré soi…!

E.

///

le morceau enregistré sur VHS qui passait en boucle, à cette époque-là, chez Madame Point, Syn- et le E. :

http://youtu.be/m-V6eXlDK2E

(Adam Yauch et sa basse à 1’52… terrible !!!)

///

Posted in bio, journal/extrait, les hum.eurs du sieur E., promenade, textes Tagged with: , , , , ,

mai 1st, 2012 by humtoks

« la campagne -9-« 

je vais te dire, chérie, c’est une erreur…
mon sentiment ? mon émotion, même… je vais te dire : c’est une épine dans le pied de l’industrie du tourisme !

///

ah ! paraît qu’y veulent nous y voir…
sont déjà mdr, ptdr, lol…

habituellement, on est dans not’ maison secondaire, en famille… à cracher sur la populace qui revendique, perd son temps dans la rue, sous les banderoles, dans les fumées des merguez… tandis que nous, on a l’argent et le pouvoir… et rien à revendiquer… sommes les moqueurs des décennies passées…
loin de la populace qui comprend jamais rien… qu’y faut lui faire de la pédagogie…

et là, on voudrait se moquer de nous…? oui, la populace, justement… y paraît…
paraît qu’y veulent nous y voir…

nous : « la france qui ne proteste pas »
bienheureuse de voir à sa tête son plus fervent défenseur… qui use des mêmes méthodes qu’on utilise, nous, au quotidien, managers, grands patrons, héritiers, rentiers… :

diviser pour régner
diviser pour régner
diviser pour régner

et ce matin…?

une journée perdue…!

merde ! pourquoi ?!!! qu’est-ce qu’y a dit, le chef ?
dehors, dans la rue, un 1er mai ?
y déconne ou quoi ?
sûrement qu’y déconne plein pot, mais s’il l’a dit, faut l’faire…
parce qu’on obéit au chef… parce qu’on aime ça, avoir un chef…
parce qu’on obéit, que c’est dans l’ordre des choses… mais qu’aujourd’hui tout de même on serait bien resté chez soi, loin de tout, loin de la rue et de la populace…

c’est quoi ces conneries, c’est quoi ce défi de cour de récré ?
le ridicule nous attend… y voudrait qu’on soit les plus nombreux… on va se taper la honte…

et puis… pas d’entraînement…
la dernière fois qu’on est sorti, c’était pour défendre l’école privée… y a trente ans…

et puis… on va ressembler à une « manif’ de droite »… comme dans les video, là… que y s’foutent de nous, déjà…

et puis… la motivation…
eux, y sortent pour gagner, pour le collectif… moi, j’ai jamais pensé qu’à ma gueule, alors ça m’fait bizare…

et puis… il pleut dehors, en plus !???
comment je vais me fringuer ? je vais jamais tenir plus de deux kilomètres avec ces chaussures? !!! et le traiteur ? on mange quoi à midi, d’abord ?!!! y a un traiteur qui nous suit, dans sa camionnette ?

on n’a rien à revendiquer nous… merde ! on a tout… qu’est-ce qu’y cherche le chef ? le quitte ou double ? la provoc’, la baston, un débordement…
un truc à exploiter…

et puis… les autres y z’ont l’habitude, y vont nous mettre une tanée…

et puis… dans les manif’s… ces cons, y r’font l’monde…
tandis qu’nous, on veut pas… il est très bien comme ça, le monde… on a tous les privilèges… on veut pas qu’ça change…

alors… on va parler de quoi ?

« le vrai travail »… j’ai tout de même un peu honte…

///

salut les parano(e)s !

E.

///

©E.5131

///

Posted in images, les hum.eurs du sieur E., textes Tagged with: , ,

avril 23rd, 2012 by humtoks

 » la campagne -8-« 

le E. s’est dit : « merde, il va donc falloir faire de la politique…
y passer plus de temps encore.

l’aut’ y s’pose pas d’questions… y sort son flingue une fois tous les cinq ans, vote là où l’instinct lui commande… ne s’essuie même pas, ni ne se lave les mains. toi, tu vas y passer des soirées, des nuits… des week-end.

quand t’auras un peu avancé c’est ton propre camp qui te balancera des coups de hache dans la nuque… et c’est le jeu, semble-t-il…

et pourtant si tu abandonnes tout est perdu… ».

le E. a écrit son « les hum.eurs du sieur E. -1- » pour narrer l’inéluctable réélection du président.

bah ouais, tu ne t’en rappelles peut-être pas, mais le E. comptait être fidèle à la ligne éditoriale et parano(e) entamée avant les élections de 2007. c’est ce qu’il avait décidé… et puis… il s’est ravisé… et a raconté l’histoire d’un engagement. engagement qu’il croit plus que jamais « utile ».

le E. écrit ce texte tardivement. tout le monde est couché, mais tout le monde ne dort pas. dans la cervelle de beaucoup, ça doit tourner à l’heure qu’il est. que vivons-nous ? pourquoi ces chiffres, comment ? quelle idée du pays dans lequel nous vivons ? que peuvent en penser les pays étrangers ? la honte… et puis la peur… j’ai moins peur de mon voisin que de la france qui a voté « hier »…

eh bien, il est important de se rappeler que la france n’est pas le sud-ouest, que le milieu qu’on fréquente n’est pas représentatif de la france entière… non, la france entière vote à 18% pour le pen, à 27% pour sarkozy… (ministère intérieur, 23 avril, 0H14).

*

le E. songe aux discussions et aux « arguments » du type :

– euh…
– hop hop ! la loi du plus fort…

– je ne vote pas, ça sert à rien…

– je ne voterai pour mes idées qu’aux législatives, aujourd’hui je vote « utile »…

– ce mouvement porte mes idées mais il ne passera jamais, alors, je vote « utile »…

à ce train-là, le E. se dit que le changement, c’est pas pour maintenant, ni pour demain…

qu’il attend les législatives pour être véritablement grincheux ou pas… peut-être que les électeurs voteront pour leurs idées, pour changer… imagine… pour leur laisser une chance, minime, peut-être, d’exister…

ah, la colère, mauvaise conseillère…

alors pour commencer, le E. se dit qu’il faut essayer de passer au mieux ce deuxième tour…

des points à régler certainement, des comptes à régler… mais chaque chose en son temps, traitons les affaires dans l’ordre des priorités… n’allons pas lui mettre des bâtons dans les roues, les difficultés seront suffisamment importantes…

*

la colère, ou la honte, c’est d’abord le score du fn, mais aussi l’addition des voix à droite… car s’il y a deux forces de gauche, le E. estime qu’il n’y a qu’une droite… et à la limite une autre petite droite à 9%.

le parano(e) s’interroge alors sur le naturel du français, la rapidité de son galop…

il fait ses petites recherches et trouve qu’en allemagne le parti d’extrême droite dépasse péniblement les 5% et là il a vraiment honte, le E.
il se rappelle s’être dit « quand même, elle est forte… » et ne pas avoir poussé plus loin la réflexion… alors qu’il recevait des alertes… nombreuses, d’un peu partout…
même Aliasse, qui mettait « Les Loups » de Reggiani en boucle dans la voiture…

« le parti de l’amour » avait 68 « j’aime »… le E. n’a pas résisté. il a pensé qu’il lui tendait les bras… comme il s’apprête à lire l’oeuvre érotique de pierre louÿs.

*

hollande va devoir avancer masque baissé maintenant, car sarkozy va le lui retirer… et les ennuis commencent. comment justifier les contradictions ?

et simultanément,
le E. sait qu’il s’apprête à vivre 15 jours pendant lesquels on va taper sur les immigrés…

c’est pas la faute des puissants, des banques, de la finance et des multinationales… c’est la faute des immigrés. en france, nous sommes tous, peu ou prou, des immigrés et pourtant ça vote à 18% pour le pen, à 27% pour sarkozy… ministère intérieur, 23 avril, 0H14.

une situation, une formidable scène de théâtre, une mise en scène, misérable, des puissants.

et deux réponses qui s’opposent :

– s’opposer à l’autre pour n’être pas le plus malheureux…
– vivre avec lui, et s’opposer au metteur en scène…

la droite était décomplexée « amour du bling bling », elle est maintenant décomplexée « haine de l’autre » : les belles valeurs…

*

toujours debout, le E., il ne dort pas. 3H42.

il écrit : « après avoir refusé les débats du 1er tour, le chef de l’état en réclame trois… pourquoi ? ». il préfère ne pas répondre…

il songe à son vote, son engagement, les 6 objectifs à atteindre, se dit qu’il faut publier maintenant, se coucher, se lever demain, en parler avec les potes (filles, garçons, de tous horizons…) et tracer une ligne, un chemin, ensemble. avancer.

 

le tract, qui traîne au sol…
le punaiser, là.

« pourquoi voter Front de Gauche dimanche ?

– faire reculer la haine du FN
– dégager Sarkozy

– partager les richesses

– combattre les marchés

– changer de République

– organiser la planification écologique

un programme qui dit son nom : l’Humain d’abord ! »

quel que soit le nom, une force…

c’est un texte qui s’est choisi lui-même son fil directeur : l’engagement.
utile
utile
utile

salut les parano(e)s !
E.

///

« sans titre, sans voix » ©E.5131

///

Posted in images, les hum.eurs du sieur E., textes Tagged with: , ,