Category: les hum.eurs du sieur E.

avril 20th, 2012 by humtoks

« la campagne -7-« 

*

puisqu’on l’interroge, il répond.
le micro est tendu, il sait qu’on cherche à le piéger…

le E. l’a pas sa langue dans sa poche, ne la donne pas au chat non plus…
– enfin, ça dépend –
par contre… c’est un vrai parano(e) !

il lui dit – au micro – qu’il rit de voir les media, d’observer les sondages, d’entendre les uns, les autres…
qu’il se rappelle : « ton vote ne sert à rien, ce parti ne sert à rien ! » …

il faut dire que, sourd, idiot, le E. a voté Front de Gauche dès sa fondation. bêtE.

le E. reçoit un coup de coude… dans le dos… oh ! oh !
et deux coups de hache à la nuque…
ça vient de tous côtés, de droite comme de gauche…

mais… « il ne sert à rien ce parti !»…

mais … fit 20,4% à Limoges en 2010 aux régionales.
pas si mal… qu’il répond…

*

ah, il en a entendu des choses… le E.

sert à rien…
sert à rien un parti à 5%…
sert à rien, ton vote… (en début de campagne…)

sert à rien…
(3ème de l’élection présidentielle, peut-être, ce vote, dimanche soir …)

sert à rien…

le E. y dit que ça sert toujours de voter pour ses idées : elles existent, perdurent, peut-être se développent, se répandent… la pieuvre… la preuve… ! oups…

on lui dit, le nez sous le micro, tendu : « alors, tu l’as trouvé ton sauveur… l’homme, le charismatique…! le maître !!! »

non de dieu ! ça lui fout la gerbe, au E., d’entendre des trucs pareils…
non…
un qui rassemble… oui… voilà, c’est mieux, qu’il dit…

mais surtout…
crétin,
ouvre l’œil, le bon… et pas celui que te paya le journaleux qui retourne sa veste par vent rose pâle, « aux reflets bleus »…

surtout…
une force, des hommes, des femmes, ceux qui lèvent le poing,
bah oui, c’est ringard…

disent « non », ceux dont on se fout car la lutte est passée de mode,
ringarde,

ceux… qui se font insulter, cracher dessus, parce qu’ils manifestent leur colère dans la rue…
ringards…

ceux qui « prennent la france en otage », comme y disent tous, à la télé, à la radio, comme s’ils étaient responsables de l’état du monde, du système, de ta journée de merde…

alors, non…
c’est pas seulement un mec à la tribune…
c’est tous les « pas content, pas content, pas content ! » dont tu te fous, souvent…

si, si… souvent… tu te moques…
si ce n’est toi…
si ce n’est toi…

*

et cette question maintenant, dans la bouche d’inattendus pas contents :
« bon, comment on fait pour gagner, maintenant ? ».

ça, y sait pas… mais déjà voter pour tes idées. leur donner une chance, à tes idées… ‘bécile !

le E., toujours au micro – il en profite – lit ce mot qu’il a adressé à un autre adepte du bella ciao…

« je n’ai pas pu ne pas penser à toi, à nous, à nos anciens… à l’italie…
c’est le « souffle » qu’il crée qui me parle, je ne suis pas du genre à suivre un homme… tu le sais bien…
ce rassemblement ! 6000 personnes dans la grande salle (pleine ! 1ère fois que j’y mettais les pieds…), 3000 dehors devant l’écran… et combien connectés au tube cathodique ?
et cette petite fanfare avant la prise de parole… bella ciao…
et cette force, cette puissance collective… ce grondement…

j’y ai surtout vu les chieurs… les syndicalistes, les syndiqués, les associatifs, les politisés, les engagés… ceux qui habituellement, se regroupent sous des drapeaux différents, ou refusent les drapeaux et se retrouvent là par ce qu’il y a une force commune.

– n’attendez pas les instructions, les directives, montez des groupes de réflexion, des comités de quartier –
t’as pas souvent entendu ça… hein ?

ciao Ropa ! ».

*

qu’ils envoient l’aile gauche du PS sur les plateaux-télé pour tromper l’électeur ne change rien…

tout le monde sait…

le choix ne peut plus se faire que sur la peur…
ils le savent bien, ne jouent plus que là-dessus… vote utile, vote utile, 21 avril 2002… ouh ouh ouuuuuh… la « Une » de Libé…
ouuuuuh… j’a peur… j’a va pas voté pour ma zidées, alors…

et la politique prévue ?
essayer
de « moraliser le capitalisme »…
entendu 100 fois…!

et c’est danielle qui doit sourire…

micro tendu, toujours, bientôt à curer sa cervelle…
et ses commentaires à la jean-marc sylvestre… pensée unique : rien, rien d’autre n’existe, one way, one, unique, rien, rien autour, pas exister, rien, ça, ça, ça, rien d’autre, impossible d’ouvrir son esprit à quoi que ce soit, car…
dieu (?) a dit.
les marchés ont leur logique (?).
il n’est pas possible de… (?).
on ne peut que… (?).

le E. prend sa plus belle plume, la trempe dans son fondement, au journaleux de mes deux, et enfile les mots :

*

«nous sommes bêtes, nous ne comprenons rien. on se foutait de nous à 4%…
et maintenant à 12, 13, 14, 15…
quoi que nous sommes ?

en 2005, nous étions les cons, les NON, nous ne ne comprenions rien… et 54,68% !… et ça, dans ta gueule !

pour dire les choses simplement, ta parole est utopique tant qu’elle est à 5%…

imbécile tant qu’elle n’est pas majoritaire.»

le E. passe donc sa vie entre les deux : utopiste pour les uns, imbécile pour les autres. il est passé, avec la même idée, d’utopique à imbécile en quelques mois. sans bouger…

le journaleux lui a fiché le micro dans l’oreille… lui dit que, ce soir, z’ont dit que la note allait peut-être être dégradée.
le E. le regarde, le journaleux, et il voit bien que ça lui paraît normal de parler comme ça, de relayer ces informations-là, de cette manière-là. nor-mal.
et ça leur paraît, tous, normal. ils ne s’étonnent pas.
ils vivent dans un monde de merde, avec trois costards-cravate qui décident de tout, qui leur disent comment penser, comment agir, quoi dire et ils relaient ça à la télé, sans moufter.
il faut les voir, ces spécialistes. tous les soirs : jean-marc sylvestre au micro, pleine scène, dans la lumière… immense spécialiste…

bouffés par les bourses, la spéculation, mais on continue à jouer le jeu…
on continue à voir l’indice caca-40 en bas à droite des écrans.

qu’ils gagnent ou perdent du fric… ce qui importe, c’est de savoir sur le dos de qui ?

le journaleux lui répète, au E. : on va être attaqué !!! mais que faire ? mais que faire ?

réponse du E. : affamer tout le monde ! c’est la seule solution…

*

et tandis que E. fait le show, dandine de la hanche, dans sa jupe à cerises… ça fait taptaptaptaptap…
d’une porte à une autre…

taptaptaptaptap… dans le couloir…
taptaptaptaptap… les escaliers…

taptaptaptaptap… ascenseurs, passerelles…

taptaptaptaptap… ça passe d’un camp à l’autre…

ça passe d’un camp à l’autre… je répète : ça passe d’un camp à l’autre…

le E. éprouve comme un renvoi.
ça pue la nausée…

un renvoi… le E. porte sa main à la bouche. un renvoi, encore…

«oh, excuse-moi…
je crois que je t’ai vomi dessus…».

fin d’interview…

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salut les parano(e)s !

E.

(page facebook du E. : https://www.facebook.com/E.5131 )

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« E.5131 » ©E.5131

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avril 16th, 2012 by humtoks

« la campagne -6-« 

cette affirmation a choqué le E. attentif… Guaino a-t-il mesuré la puissance de cet aveu ? posé là, dans la bouche du président, ce jour, à une semaine du vote.

– « j’ai donné rendez-vous à la france qui ne proteste pas ! » –

une gifle ! s’il avait fait le déplacement, le E. aurait reçu cette affirmation comme on prend une gifle…

la france silencieuse… celle qui ferme sa gueule ? s’interroge Alice Popieul. celle qui se laisse faire, ne dit rien, ne réplique rien, ne sort pas dans la rue, ne prend ni le maquis, ni les armes, dit oui, cède, dépose les armes… avant même la bataille ? est-ce ce qu’il a voulu dire ? on ne peut le croire.

mais il l’a dit.

et s’il n’a pris le temps de saisir le sens des mots, c’est que le mépris est total ici. une gifle aux quelques-uns, sincères sûrement, qui n’ont pas ôté leurs œillères, croient encore… le mépris envers ceux-là, aussi ?

le E. n’ose le croire…
le E. ne s’en remet pas…

mais le E. tend la fesse… oh,

encore !

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salut les parano(e)s !

E.

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« dans la rue » ©E.5131

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avril 4th, 2012 by humtoks

« la campagne -5-« 

des choses étonnantes…
recueillies çà et là, par le E.
entendues… ou comprises.

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« je ne m’engage pas pour ne pas être déçu… »

« je vote stratégique, en fonction des sondages (…), plutôt que pour mes idées… »

« bien sûr, voilà ce que je pense… mais il faut être réaliste et s’adapter au monde dans lequel on vit… »

« et s’il nous trahit… et si… et si… »

« mes idées ne sont jamais représentées ou portées plus haut qu’au Conseil Régional… »

///

c’est bien de ta faute, non ?
tu ne donnes aucune chance à tes idées…

ce soir, meeting à Limoges !
le E. s’interroge : il les pose où ses gamins…? tout le monde y va, au meeting…

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salut les parano(e)s !
(et bonnav’ du 4 avril…)
E.

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(c) E.5131

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mars 27th, 2012 by humtoks

« la campagne -4- »

« la campagne -1-«  <– c’est là, clique !
« la campagne -2-«  <– c’est là, clique !
« la campagne -3-«  <– c’est là, clique !

palchoix

alors vient le temps du choix…
et il lui vient à l’idée, au E., qu’il n’a pas le choix.

il a voté là, il a voté là et aussi là
– oh, toujours dans le même coin… pas véritablement dans la variation, le garçon…

et pas du genre, non plus, à se jeter dans le vide, pas du genre à s’engager à la légère – le E. peut passer des années avant de se décider, pesant le pour, le contre, révisant son jugement, nuançant son enthousiasme… – il ne s’apprête pas à voter dans le coin, mais bien plutôt à poser son bulletin en un point précis.

il a choisi celui qu’il a lu, écouté, longuement – quelques années, maintenant – reluquant le blog, puis le site… – chez qui il retrouve son propre diagnostic, ses propres velléités…

cette fois, il ne vote pas contre.
il ne vote pas pour envoyer un message.
il vote pour des idées… les siennes.

oui, mais…

on ne dit rien au E. quand il vote par défaut…

cette fois, on lui reprocherait presque d’adhérer… (à ses propres idées…)
on lui rappelle une phrase extirpée de 1998, de 2003… un geste…

on lui dit : « et s’il nous trahit… !??? ».

-(comme s’il était préférable de voter pour celui dont on sait qu’il trahira…)-

le vieux guerrier éternel lui glisse que c’est bon signe, que l’exigence est d’autant plus élevée qu’on attend beaucoup de quelqu’un, d’un mouvement, d’un « souffle ».

le E. entend le message des militants : « laissez-nous notre chance… ne votez pas blanc, pas utile, votez pour vos idées… »

y rêve le E. ou quoi ?

non, il se positionne…
– suivre ses idées, suivre celui qui porte ses idées… –
plutôt que de se rendre, pieds, poings liés au rouleau compresseur de la finance, de la spéculation, de « l’humain après », les poches pleines de sous-sous.


les signes

le E. reçoit ce mail : « regarde le ciel comme il est beau ce soir ».

il sort. dehors, c’est la nuit. pas un bruit.
c’est vrai qu’il est beau.
est-ce parce qu’il revêt ce bleu profond et rare, transpercé de lumières étoilées ?
est-ce la phrase dans le mail qui l’influence ainsi ?
il s’interroge – et laisse sa chance à la beauté, au signe…

une étoile filante traverse le ciel… de mars…!

le lendemain,
le E. guette le vert.
l’arbre s’est brisé. en deux. il n’a pas résisté au vent. sa moitié haute, il l’a retrouvée dix mètres plus loin. et il guette le vert. le froid persistant l’a peut-être achevé. rien à faire, il attend. et ça vient… petites pousses. c’est rouge. tu as déjà remarqué ? les rosiers, les feuilles des haies, futures baies… le rouge d’abord. le rouge d’abord… qui soutient le vert qui envahira le printemps, résistera l’été et s’endormira à l’automne.

là ! et suffit !

voter pour ses propres idées… le comble, non !???

le E. suivra donc le Front de Gauche.

choqué par les drapeaux à La Bastille ?
il se dit, le E., que le syndicalisme doit être politique, car tout est politique, qu’il ne faut pas créer de divisions. que la lutte des classes est, est toujours, est encore.

– les millionsetmilliardaires contre le reste du monde –

ce que confirme l’un d’eux. :
« la lutte des classes existe, et c’est la mienne, celle des riches, qui la mène et qui est en train de la gagner. » Warren Buffett.

que faire des zélés, les « aux ordres » du pouvoir, qui te reprochent une attitude trop politique ?
le E. se dit qu’à l’attaque politique la réponse est politique.
reprendre la main, ne pas ronfler… décider, convaincre, ne pas tourner le dos, ne pas suivre, dire non, FUCK ! de l’Asso jusqu’au boulot…
prendre le risque… se tromper, oui… mais accompagner l’idée qu’on croit la bonne… plutôt que de dire aux générations futures : « on aurait pu… on aurait dû… ».

et aux indécis…
le E. offre ce petit dialogue d’arrêt de bus :

– sous quelle présidence avez-vous observé la plus  importante détérioration de vos conditions de vie et de travail ?
– …
– la faute à la crise ?!!! la crise !!! oui, c’est la crise ! la crise du système que prône le gouvernement actuel… depuis toujours… alors foutez-nous la paix avec la crise… avec vos conneries, nous la payons toutes et tous… tous les jours !

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« as-tu remarqué ? dehors, la nature ouvre un œil et les jeunes pousses sont rouges. » E.5131

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salut les parano(e)s !

E.

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« no turtle » ©E.5131

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mars 24th, 2012 by humtoks

« la campagne -3- » (help !)

« la campagne -1-«  <– c’est là, clique !
« la campagne -2-«  <– c’est là, clique !

« aidez-moi. »

delactu

comment va finir cette histoire ?
il est encerclé, c’est fini.

la grosse voix retentit : « ici la voix… non, ce n’est pas fini. c’est dans les urnes que finira cette histoire et pas forcément comme les socialistes ont écrit l’histoire à l’avance (sic). c’est tout, pour le moment… ».

le E. se gratouille les méninges. son odorat l’alerte. tu avais raison… ils avaient raison…?
qui, ils ?
tous les parano(e)s ! tous ceux qui annoncent le pire… tout le temps…
parce que le pire arrive souvent…

c’est pas une prise de risque insensée, finalement… hein, les parano(e)s !

qu’annonciez-vous ?
« un événement qui peut faire basculer la campagne… ».
on n’ose y croire. car nous, nous ne vivons pas dans ce monde-là… à toujours voir le mal partout.
« tout faire pour avoir le pouvoir, puis le conserver, » qu’ils disent… pouah, les parano(e)s !

l’événement fut et la campagne suspendue…
c’est pourquoi nous avons vu
le président arriver à Toulouse, envahir les écrans, tandis que le candidat restait camouflé sous une cagoule. la campagne suspendue. la déflagration à venir, respire. les balles en train, criblé.

le président, le candidat ? seul le CSA sait distinguer l’un de l’autre… mais c’est suffisant.

bien malin… bien malin… le E. l’a lu dans un coin d’une page d’un écran :
« quand la campagne est suspendue, elle continue… ».

et ce n’est déjà plus la même campagne… et la question de l’engagement (évoquée dans un « monologue à plusieurs » précédent) ne se pose peut-être plus…

///

quoivoter ? pavoter ?

au menu du jour,
des rencontres, des discussions avec les voisins :

voter blanc pour tout changer ?
voter utile pour gagner ?
pas voter pour tout changer ?

le E., l’a été tenté de pas voter. comme il a été tenté de se taire, de ne plus écrire…
jusqu’à cette observation simple. le monde continuait à tourner sans lui. se taire ne mettait pas fin aux logorrhées de ses adversaires. il a repris la parole.

le E. a été tenté de voter blanc. ou tenté de déposer un papier blanc maculé d’un « allez tous vous faire foutre ! » dans l’urne… papier non comptabilisé. sans existence.

non pas qu’il soit contre le vote blanc, le E., il pourrait même militer pour… mais à l’heure actuelle, au jour d’aujourd’hui, au moment qui nous intéresse, à la petite minute nécessaire, le vote blanc ne sert à rien : tu ne te tais pas… mais on te fait taire, en déchirant ton petit papier. sans existence.

pas voter : c’est pas seulement le papier… qui n’a pas d’existence.
la réflexion politique (vrai positionnement) de celui qui refuse le vote est noyée dans le bain des « je suis à la pêche », « j’ai piscine », « j’ai oublié », « je comprends rien »…

///

du votutile

alors « on » essaye de le décider à voter utile…
oui parce qu’il est tenté par un vote inutile, le E., c’est ça !!!? et là , il rigole…

« c’est une prise de risque », lui rappelle-t-on, en lui promenant sous le nez le cadavre du 21 avril 2002. la suite des événements se déroule dans sa cervelle malade : chirac plébiscité, président de tous les français qui nomme raffarin n°2 de démocratie libérale, n°2 de madelin, la France du blé, de l’argent, du rendement, du toujours plus d’heures pour remplir les poches du patron, de la finance, des traders, de  « l’humain, après ! », de l’économie d’abord,  du système d’abord, etc.

le E. rigole moins…

mais il est prêt à prendre le risque…

parce que voter utile, c’est voter schroëder, zapatero, blair, papandréou, etc. voter pour les grands socialistes de l’europe, qui ont déroulé le tapis rouge,  quand s’installait, là-haut, là-haut, sourire aux lèvres, la vision du monde de madelin, de goldman sachs.
Erwan Larher rappelle, au détour, d’une chronique littéraire : « JP fête ses cinquante ans avec tous ses amis de grande école (…) ce sont des amis qui n’ont pas d’opinion politique, ils sont tous au PS… ».

dangerE.

et puis l’accusation ultime, le truc qui devrait te mettre la grosse te-hon : l’extrême-gauche, c’est dangereux…
le pire, c’est que le E. n’a même pas l’impression de voter à l’extrême-gauche. le E. a plutôt l’impression que l’échiquier politique s’est déplacé vers la droite. plus simplement donc, le E a l’impression qu’il se contente de voter à gauche et que c’est déjà pas mal.

ce qu’exprime aussi Lynn SK… qui rapporte avec humour cet épisode :
les MJS débarquent à sa porte… elle leur dit, sans méchanceté et sans préméditation, que c’est pas la peine d’engager la discussion…
qu’elle vote à gauche…

palchoix

alors vient le temps du choix…
on ne dit rien au E. quand il vote par défaut…

(la suite dans « la campagne -4- »)

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salut les parano(e)s !

E.

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©E.5131

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mars 18th, 2012 by humtoks

« la campagne -2-« 

« la campagne -1-«  <– c’est là, clique !

quel spectacle…
le E. interroge.

beaucoup lui répondent qu’ils ne reconnaissent pas là un président… ils ajoutent que ce n’est pas une fonction qui les emballe plus que ça, mais que… tout de même… il y a des limites.
qu’on serait en droit d’attendre autre chose de l’homme élu par le peuple… que quitte à jouer le jeu de la présidence, autant le jouer en respectant un peu les règles, les hommes, les femmes, les différents groupes humains.
quoi qu’ils pensent de sa politique, ils sont choqués, en premier lieu, par les petites phrases, les intimidations sur les plateaux des journaleux, les insultes suivies d’un grand rire. ils reprennent, pour le qualifier, le mot d’Emmanuel Todd : hyper-menteur.

comme un élève de 6ème, il aime l’anaphore. procédé qui consiste à répéter les mêmes mots au début de chaque phrase. procédé poétique à la portée de tous – ceci expliquant cela.
après le « j’ai changé », le « j’ai appris », le « j’ai compris », il offre hier à son électorat un vibrant « il ne faut pas mentir », répété cinquante fois.
s’il a appris, me dit mon voisin, il faut espérer que ce soit où se trouve la porte de sortie…

s’il a appris et compris, on peut se demander ce qu’a appris son électorat.  les électeurs trompés en 2007 se jetteront-ils de nouveau dans le piège tendu ? il y a de la lourdeur dans l’anaphore du jeune élève… mais c’est une figure de style très efficace. c’est un exercice de style peu subtil, mais très efficace. il s’agit de taper, taper, taper sur l’adversaire, marteler, lui refaire son portrait (« fatigué », « discours vide », « à bout de souffle », « dit systématiquement le lendemain le contraire de ce qu’il a dit la veille »). les mots sont jetés, reste à attendre…

et les les choses vont bon train. trente secondes plus tard, le bandeau « urgent » – au bas de la page « info » (hum… no comment) – reprend les paroles, le verbe, la nouvelle réalité… confectionnée pour les naïves oreilles, manipulées, comme devant un joli spot de pub.

reste à attendre…

attendre que les journalistes reprennent en chœur et en mode répétition  – en boucle – au fil de l’actualité, ces/ses mots. réalité ou non, c’est le discours du jour, de la semaine – et qui sera repris par tous ses « collaborateurs ».

et cela fera son chemin – son effet – dans la population.
les actes, les paroles… la puissance du verbe (cf. « la campagne /1 »).


les paroles restent – et c’est vrai, imprègnent les cervelles, quelles que soient les réalités. ah ! ceux qui pensent qu’ils ont déjà gagné… feraient bien de se méfier.

sans compter que leur poulain, malmené sur sa droite, risque l’être aussi sur sa gauche… c’est pourquoi il brandit, d’ores et déjà, la pancarte « vote utile ».
un 21 avril bis ?

du vote utile ? inutile ? le E. en parle dans « la campagne -3-« .

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as-tu remarqué ? dehors, la nature ouvre un œil et les jeunes pousses sont rouges.

ce matin, le parti compte un adhérent de plus.

et s’il n’est pas Place de la Bastille, aujourd’hui…
une main – au moins une –
paume gauche placée sur la pierre ancienne, tente l’impossible…

il faut lui donner sa chance.

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salut les parano(e)s !

E.

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« sans titre » ©E.5131

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mars 17th, 2012 by humtoks

« la campagne -1-« 

le E. a fait l’effort. a croisé un écran, il a fait une pause. pas deux. il a choisi avec soin la chaîne, s’est arrêté sur celle qui retransmet l’événement en continu. un grand nombre de journalistes sur place, un plateau sur place, comme à Roland Garros.
le président est au plus bas, mais les journalistes (la voix de ses maîtres) le décrètent : la campagne est relancée.
le premier discours de « campagne »…
les journalistes commentent un spectacle, reçoivent des invités « en plateau » : il ne s’agit pas de savoir ce qui pourrait être le mieux – organiser la vie en société de l’humain, pas une mince affaire – non, ils sont heureux car il y a du suspens, car ils assistent à un match et c’est le spectacle qui fera l’audimat. et c’est l’extase, ça fuse, ça dégouline, ça explose sous les tables, dans les têtes. peu importent la tête des supporters, l’idéologie des supporters (vous n’avez pas le monopole de l’accusation en idéologie…), les millions sur leurs comptes en banque (arrivés là par le mérite des héritages familiaux, des niches fiscales, de l’évasion organisée – intérieure ou extérieure), le pouvoir concentré entre quelques mains, volé au peuple (démocratie piétinée / le vote NON du traité européen constitutionnel nié).

le président lance sa campagne. le E. la prend en plein tronche…

les journalistes sont convaincus, alors le E. cherche à l’être… la dynamique ! aujourd’hui, c’est « la dynamique » ! c’est le mot de bernadette, c’est la présence de macias, barbelivien, depardieu, clavier. des envies… que ça génère…

le E. doit rester concentré, sinon il n’y arrivera pas.
le mouvement empathique, là, n’est pas aisé.
autour de lui – loin du roland garros tout bleu – ça fuse.
une phrase répétée à l’envi : « cass’toi, pov’con ! ».
comment ? le E. leur rappelle qu’on ne parle pas comme ça ! que c’est indigne… indigne…

il cherche à se laisser happer par ce bleu (loin, bien loin de l’autre bleu, qui rassemble, autrement), ces petits drapeaux… les commentaires des journaleux, aussi enthousiastes que (les) militants… malgré eux, sûrement.

c’est l’ambiance qui fait ça. j’imagine… le spectacle ! quel spectacle ? quel spectacle…
le E. navré.

(à suivre…)

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salut les parano(e)s !

E.

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« sans titre » ©E.5131

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mars 6th, 2012 by humtoks

« les hum.eurs du sieur E. » 2012-03-06

///

la dame au petit garçon :

– au revoir, ma petite puce…

///

quelques pas.

– tu trouves qu’il ressemble à une fille ?

– non.

– bah alors…

– bah alors… les ch’veux longs…

– en 2012 ?

– oui. 2012… l’apparence…

– quoi ?

– l’Image… et le Verbe.

– hein ?

– les élections…

– ouais… bah quoi ?

– y va r’passer…

– pourquoi tu dis ça ?

– bien mis sur lui, en compagnie des Grands de ce Monde… Sauveurs du Peuple en période de Crise… on va payer « la Dette de la Crise ». ça fait longtemps que je le dis.

– Sauveurs… des mensonges, oui…

– que tu dis… mais y a que moi pour t’entendre…

– et lui ?

– des millions de téléspectateurs… tu vas voir ce soir…

– ouais… mais…  son bilan… ce qu’il a fait… les gens, y voient bien ce qu’il a fait… et pas fait.

– non, c’est effacé par le Verbe.

– crouic… ???

///

si j’étais lui…

si j’étais arrogant, je dirais que c’est mon adversaire qui est arrogant. si j’étais dangereux… je dirais que c’est mon adversaire qui est dangereux… pour l’Europe, pour la France, pour la Compétitivité… si j’étais au pouvoir depuis vingt ans, je dirais que c’est à cause de mon adversaire qu’on en est là. si j’étais l’ami des grands patrons et des riches, je rapporterais le discours de mon adversaire à Londres, parti rassurer le Monde de la Finance. si je cassais l’école, je dirais que l’école ne fonctionne plus à cause de Mai 68 et du pédagogisme… si j’étais…

///

– ouais… et alors ?

– ça marcherait…

– t’es fou.

///

et j’enverrais mon Ministre de l’Intérieur dire des horreurs (que veulent entendre les droite-extrémistes) que corrigerait le soir à la télé ma Porte-Parole bien sur elle et rassurante (que veulent entendre ceux qu’on dit modérés ou gaullistes)…
et d’une pierre, deux coups ! ah ! le Verbe.

ce qui est dit est.
ce qui est dit efface ce qui était.
l’éventail est touché, les votes s’additionnent : des « modérés » aux « extrêmes ».

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– tu veux me faire peur ?

– si ça peut te pousser à aller voter…

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salut les parano(e)s !

E.

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janvier 29th, 2012 by humtoks

Dimanche 29 Janvier 2012

« Lundi matin, l’empereur… »

Quel joli moyen d’apprendre les jours de la semaine ! Une trouvaille signée Toupetitou…

Lundi, école, mardi, école, mercredi… PAS ÉCOLE !!! Jeudi, école, vendredi, école, samedi… PAS ÉCOLE !!! Et dimanche… PAS ÉCOLE !!! PAS ÉCOLE !!!

Sont 30 dans la classe, z’ont 3 ans… Même quand on aime apprendre… Je comprends que Toupetitou calcule les jours où il peut rester à la maison. Même si je ne suis pas inquiet, je me dis que ce n’est tout de même pas bon signe. Ni pour lui, ni pour personne. Dans les classes de Lagrande, dix ans plus tôt, il y avait entre 19 et 24 élèves. Ça se paiera cher, à l’échelon national ou international. Pourquoi croyez-vous qu’on construise tant de ghettos de riches à enceintes interminables, deux mètres cinquante de haut avec caméras, barrières à code, sécurité optimale ? Pourquoi ?

Je me hâte de dire que personne n’est responsable. Les parents pointent l’instit’ du doigt, l’instit’ les parents… Mon voisin, lui, hum…

J’ai un voisin qui souhaite faire voter une loi interdisant l’utilisation du mot démocratie (il pense qu’on ne vit plus en démocratie) :

– Quand on vit, me dit-il, dans un pays gouverné par les hausses, les baisses des bourses internationales, les notes en AAA, les études ou enquêtes essentiellement économiques… sans que le peuple n’ait quelque mot à dire, je suis désolé de dire qu’on ne vit pas en démocratie.

Je ne sais pas quoi répondre.

Mon voisin, il attend l’intervention du grand chef, ce soir. Si j’étais lui, m’a-t-il dit, je rappellerais que tout est de la faute de la gauche et des 35H. Puis j’exhiberais mon courage et je dirais que je ne me préoccupe pas d’être réélu, que je n’ai qu’un objectif : protéger la france et les français. Je ne rappellerais pas que je finis le boulot : fabriquer une nouvelle génération d’esclaves pour qu’1% de la population rafle la mise…

C’est pas un marrant, mon voisin. C’est le roi des parano(e)s ! E. à côté, c’est un amateur.
Il veut pas réguler le système, mon voisin… Il veut le changer.
Et quand on lui dit que ce n’est pas possible, il répond :

– « Eh bah vous savez quoi ? On rentre à la maison pour pleurer… Et on arrête tout ! On donne le pouvoir aux banquiers… Eux au moins, ils savent ce qui est bon pour nous… »

Il m’a filé une video (c’est sa façon de faire…) aussi.

Bah ça alors©

–> la video en question clique donc ! <–

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janvier 18th, 2012 by humtoks

 

« journal/extrait/hum.eurs » 2012-01-18 / E.5131

 

on parle pas politique !

le broyé du poitou, chaque matin… et deux cafés, siouplaît
le broyé c’est le retour de vacances, petit
l’eden de la vie, ving/vingt-cinq, aussi

trop dur, un peu mou, juste « comme il faut »
+ deux cafés à tordre
le broyé ne se casse jamais comme tu le prévois
plaisir dangereux

c’est l’adagio indus metal hardcore
une bonne berceuse pour le matin, t’y plantes difficilement tes dents
avec ses deux à cafés à tordre

pour la troupe, c’est lait chocolatine

vide et trop plein
trop plein de j’amortis la balle avec la tête, la poitrine
j’ai plus d’œil
vide de lucarne

fort heureusement
il y a les « à deux têtes »
et je creuse
et je souris
et je m’acharne
et je noircis

mes mots associés, seule activité de la fève à tous les coups

E. et mots associés

« tout à l’heure »
ne t’y trompe pas
« tout à l’heure, avant, hier »
« tout à l’heure » signifie : j’évoque un repère temporel
les autres mots sont vidés, en vrac
et « tout à l’heure avant hier », c’est effectivement « hier »
ou « dans cinq minutes » ou « l’été dernier »

c’est à la discrétion de son petit auteur

on parle la même langue
quand il se jouera des sons, je lui offrirai un carnet

il porte un vieux pyjama
déjà d’occasion pour l’aînée

les ondes lui parviennent, jusque sous la couverture de ses yeux fatigués
« on » parle d’un bateau couché…
le bateau couché, symbole de bien des choses…

je ne reconnais souvent pas mes semblables, quel que soit leur âge
ils portent sur eux, bien souvent, la marque de leurs ennemis
s’abreuvent aux sources plus que souvent du trompe-l’oeil
et se plaignent, les mains dans les poches
tout le temps

tout le temps

tout le temps

salut les parano(e)s !
E.

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« un rien l’habille » ©E.5131

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