Category: textes

février 10th, 2018 by humtoks

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Syn- et E.5131 souhaitent un bientôt 10ème anniversaire à Manolo on Juliet

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et rendez-vous sur le site de Syn-Anton : http://synanton.art/

 

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novembre 23rd, 2016 by humtoks

1724. / on peut se morfondre, on peut chercher encore, on peut baisser les bras, on peut avoir peur, on peut se demander si on va quitter le pays, le continent, la planète, on peut penser que tout ça ne sert à rien, on peut manquer de courage, ne pas trouver la force ou penser au qu’en pensera-t-on-qu’en-dira-t-on…?, on peut penser que ce n’est pas une bonne idée, ou pas la meilleure, qu’il y a autre chose à faire, ou qu’on peut ne rien faire, ou qu’on ne peut rien faire (« le poids de l’Histoire »…), on peut s’insulter, on peut pavoiser, on peut aussi douter, on peut échanger, on peut ne pas oser, on peut préférer rentrer dans l’tas, s’abstenir, voter blanc, on peut penser que c’est « déjà -trop- tard », on peut penser que ça va passer tout seul, on peut penser qu’on peut continuer comme ça, qu’on ne peut pas continuer comme ça (telle est l’indécence…), on peut préférer l’associatif, préférer l’informel, imaginer que les règles vont changer d’elles-mêmes, itou pour les lois, que la démocratie ne se porte pas si mal, ou qu’elle est terriblement en danger, ou qu’elle a trépassé, ou qu’un autre système est à espérer, créer, fonder, refonder, construire, consolider, protéger, on peut penser que la priorité, c’est la planète, la nature, la vie de l’humain, et non le point de croissance, que ça ne peut se régler que dans la rue, qu’on peut gagner à jouer la transparence, le flou, l’indécision, trouver la meilleure solution non pour l’intérêt général mais pour son intérêt particulier, être ironique, cynique, malveillant, on peut penser qu’il faut une élite (qu’on n’imagine pas autoproclamée) qui décide pour tous les autres (ah bon, à leurs dépens…?) parce qu’elle sait mieux que le citoyen lambda, parce qu’elle a fait des études, qu’elle a des diplômes (mouais, faudrait voir ça de près… ^^), qu’on la trouve (et l’entend, la subit) sur tous les plateaux télé radio que possèdent les faiseurs d’opinion qui ont tout intérêt à faire perdurer ce système et favorisent, donc, cette minorité qui parle si bien, enchante les consciences, promet un avenir toujours meilleur pour quelques-uns et l’austérité à perpétuité à tous les autres, on peut penser que le progrès, c’est le mieux, pas le fait de s’adapter à un monde fou, on peut penser que l’immobilisme, le conservatisme, c’est de favoriser la subordination des citoyen-ne-s à quelques décideurs, on peut refuser de s’engager pour un chef, mais pour les générations à venir, on peut vouloir s’engager pour un mouvement, même s’il faut jouer le jeu de la 5ème pour construire la 6ème (République), on peut vouloir tenter le coup, parce ce qu’on pense que c’est l’une des solutions (la meilleure, la moins mauvaise, la plus utopique, la plus réaliste, la plus locale, internationale, la plus généreuse, partageuse, citoyenne, la plus en adéquation avec le moment -historique, s’il en est-) et y donner un peu de temps et quelques forces… on peut douter, flancher, y aller tout de même… quel autre choix…? /
et, oh, tiens, on peut y (re-)trouver des humains, mâles et femelles, qu’on connaît, de près, de loin, et avec lesquelles on a l’habitude de refaire le monde, lutter, grogner, résister, créer, fabriquer, tisser, boire un verre, manger, manifester, mouver le fesse en concert, échanger, inventer l’à venir… /

advienne que fera… /

vouais, si ça te dit… regarde s’il y a un groupe d’appui par chez toi… /
(on ne le dira à personne… chuuut… 😉 ) /

et le 14 janvier, une fête, une table ronde, des animations et deux concerts…
tu peux cliquer ICI pour en savoir plus…

avec tous mes bisous… /

–> la carte des groupes d’appui : http://www.jlm2017.fr/carte.
combien de soutiens ?
ce midi (23.11.2016): 157291 personnes, 1677 groupes d’appui.

–> Lettre à Lagrande : « Dans quelques mois, tu auras le droit de voter », (décembre 2015).

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E.5131 / Hum Toks / Eric SABA

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à lire… : « Pourquoi j’oserai Mélenchon l’explorateur »

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à écouter : La Machine (Syn- / E.5131)
écrit en 2001, quand j’imaginais que le poids de l’Histoire l’emportait sur les volontés collectives…

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madame_point_reflechir - copie

« réfléchir, c’est déjà désobéir… » photo : E.5131

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octobre 12th, 2016 by humtoks

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Toupetitou et Aliasse Lamoyenne se racontent leur journée. École, jeux, sport, copains…
Imperceptiblement, la discussion dévie : ce qu’ils auraient aimé faire.

Et il et elle évoquent les activités sportives auxquelles il et elle n’ont pas pu accéder… Alors que Lagrande, elle, l’aînée et forcément favorisée, papa et maman ils l’inscrivaient partout pendant les vacances de la ville de Limoges…!

Tennis, Tir à l’arc, Escalade, Tennis, Roller, etc.

« Le Roller…?, demande Toupetitou à Aliasse, interloqué.
– Oui, je m’en rappelle ! En rentrant, elle m’avait appris à descendre les escaliers, en roller, à la maison…! »

Bah ça alors !

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bah_ca_alors

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octobre 12th, 2016 by humtoks

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Ce midi, Toupetitou et son père ont prévu de manger ensemble : le face à face des hommes…

– Toupetitou !!!
– Quoi ?!!!
– C’est prêt !!!
– D’accord !!!
– Tu mets le couvert ?
– D’accord…
– Deux assiettes…
– Deux fourchettes…
– Deux couteaux…
– Oui, j’ai compris : deux verres et… de(ux) l’eau…
– Ah ah ah !

Bah ça alors !
(on penses à ses ami-e-s, plus tard, les pauvres…)

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bah_ca_alors

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juin 20th, 2016 by humtoks

Le 19 juin 2016, à mes petit-e-s, à mes ami-e-s, à celles et ceux qui poseront un œil…

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Celui qui, malgré tout, en avait 44.
(on n’a pas tous les jours 23 ans…)

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Quel étrange sentiment !

Parmi : « au milieu, avec, dans le nombre ».*
Ami : [Correspond à l’emploi passif et souvent aussi actif du verbe aimer, la réciprocité étant envisagée ou possible].*

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Au milieu, pile au milieu. Là, à mi-parcours. Je grave et pose une pierre, un graffiti discret, entre deux grains de blé ou de sésame, parmi les grenats, les agates, les loupes, une brindille, et la poussière et la terre et le fumet d’un brouillard plein, épaissi et le ciel bleu qu’abritent les baleines et les étoiles, et la montagne et la forêt qui veillent, sous les vagues, à l’ombre des immeubles et d’un parc endormi. Je coche la case, je la noircis, j’inscris laborieusement ce joli petit bâton qui creuse, irrégulier, qui s’étale à la verticale, sous les précédents qui figurent les jours : 44 (soit un peu plus de 16 000 jours). Un signe particulier, celui du jour pile, du cœur de la cible atteinte, sorte de pivot qui fait miroir, qui joue le mur, et d’un côté et de l’autre, un grand échiquier dont il faut être son propre roi, et toi, ta propre reine, et ne donner à personne le rôle du pion, et jouer avec les fous, en être un soi-même et plus qu’à son tour. J’ai insisté, j’ai voulu jouer les noirs, les blancs, et j’ai cédé parfois sous le poids de la grisaille. Je suis plein de toutes et tous, enlevé malgré moi, parfois consentant. J’ai suivi tantôt, initié parfois et suis parti escalader les collines et les arbres, à cheval, une jambe de part et d’autre de cet étrange édifice : le mur des 44. Et j’entrevois le chemin, là derrière, ci-devant. Il me reste, jusqu’à l’échéance que je connais, la même distance à parcourir. En ligne droite, à la spirale, virevoltant jusques aux tournants, peinant à la pointe des lacets, à la manière sous-labyrinthique des rires puissants ou sardoniques, ou chaleureux, peu importe puisqu’on s’embrasse et qu’on ne s’embarrasse ni des dires, ni des signes inféconds, ni des écoulements lents, acharnés au mal et croupissants. J’ai pris des contre-pieds, observé les autres organiser le jeu, et j’ai pris place dans l’un des wagonnets en choisissant moi-même mon numéro, mon code-barre : E.5131. Triste clown pour se relever, maquiller la face, mais pas seulement. J’en sais un peu plus…

Sur toi, les autres, mes choix, les autres et j’envisage à l’aveugle l’immense plaine bordée de montagnes hautes, d’étendues d’eaux insondables qui m’épient jusqu’à la rencontre. J’ai pensé réserver ce plat froid – chaud c’est selon, sucré, salé, pour demain, pour le jour pile, sur le grill : bonnav’, copain…! Mais le temps, toujours au gris, ces gros nuages qui s’empilent, et les heures et le cadre qui se réduit, j’ai décidé de ne pas attendre et d’attaquer la veille : je suis lent et jamais ne finis. Rien. Et jamais ne finis rien. C’est à se demander ce qu’il adviendra des promesses du 88 (soit un peu plus de 32 000 jours), avec les derniers mots, le dernier regard, le dernier souffle, puisque je ne finis rien…

Je montre ma face, rien n’efface, rien n’oublie, fais pour le mieux malgré mes lâchetés et détours, ajoutant une pincée de courage et d’ouverture à l’autre, que je dérobe, de temps à autre, à l’étal, ne sachant faire seul.

Il est temps de se retourner, de sourire et d’aller de l’avant, de nouveau… Mais d’abord, donc, puisque c’est le moment qui l’impose, je me pose et je songe aux villes : Bordeaux, Paris, Saint-Cyr-sur-Loire, Amboise, Dreux, Saint-Junien, Poitiers, Limoges et les lieux traversés, visités, dont j’ai conservé l’empreinte, les temps passés, pierres ou mobiliers, pierres à l’état naturel, cailloux, rochers, roches, parois, ou pierres taillées, et ma main posée qui masse, amasse, emmagasine, et surtout, surtout, les prénoms, les visages… toutes celles et ceux dont j’ai traversé la vie. Oh oui, je le sais, j’ai fait cette pénible expérience : sitôt parti, sitôt oublié, ou quasi… Mais pas toujours, merci. Des centaines de prénoms (des visages, des sourires, des cœurs, des regards), qui, même perdus de vue (ponctuellement sûrement), m’accompagnent, même invisibles, parti-e-s trop tôt ou depuis longtemps. Les ami-e-s, la famille et l’intelligence de chacun, son souci de l’autre dont je me suis inspiré pour me construire, et le courage qui luit chez la plupart. C’est de cela que nous sommes faits, je crois : des meilleures parts de celles et ceux qui nous entourent.

Toi qui me souhaites le meilleur ou un bon anniversaire, tu n’imagines pas à quel point tu fais partie de ma vie, à quel point tu accompagnes mes interrogations, mes réflexions, mes décisions parfois, ma volonté d’aller de l’avant. A quel point tu joues un rôle important. Ça vaut pour toutes celles et tous ceux que je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer, avec qui les échanges sont dématérialisés mais pas virtuels.

Les projets, aboutis ou non, les frictions, les embrassades, l’apprentissage de l’affection reçue et procurée. L’autre, l’autre, l’autre, toujours.

Et s’il est difficile de s’échapper, d’outrepasser les cloisons montées à la hâte, ou patiemment élevées et rehaussées par tel ou telle, ou par soi-même en contrecoup, en résonance négative, il se trouve toujours une main, une épaule et la courte-échelle et toi-même… quand c’est ton tour, tu donnes, tu élèves.

Tu sais le petit mot à l’arrière de ma bagnole-poubelle, la p’tite grise qui sillonne les rues… il y est question d’amour, beaucoup, beaucoup, beaucoup… Je reçois des saluts de la main, des sourires au-delà de la vitre. On continue. 44 de plus, avant le clap de fin. Car je suis là, au milieu, pile au milieu. Là, à mi-parcours.

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Eric SABA, le 20 juin 2016.

* cnrtl.fr

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"E. / Syn-" ©PeeAsH

« E. / Syn- » ©PeeAsH

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mai 22nd, 2016 by humtoks

/// quand le E. s’amuse, il écrit « fin de série »… / (c’est tordant) ///

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— fin de série (10) — / 2016-05-22 / E.5131

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C’était inimaginable il y a encore cinq ou six ans : c’est une donnée nouvelle. Et c’est maintenant une donnée que je ne peux ignorer. Je connais.
J’ai connu les affres de la quarantaine et je souris sarde. Non, cela ne se réduit pas aux manifestations simplettes listées dans les magazines. Je dirais même que ce n’est pas là que se trouve le cœur, le nœud, la faille, la béance, le vide abyssal, la perte de tout moyen et de tout contrôle…
Et je ne sais si cela frappe chacun, chacune, – d’ailleurs, doit-on distinguer les deux sexes ? -, de la même manière, mais en ce qui me concerne, ce qui fut latent toute ma vie est éclatant maintenant : la noirceur.

fin de série 10 / E.5131

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/// "ça, c'est quand le E. s'amuse... / (tu viens jouer, avec lui...?)" / ©E.5131 ///

/// « ça, c’est quand le E. s’amuse… / (tu viens jouer, avec lui…?) » / ©E.5131 ///

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avril 3rd, 2016 by humtoks

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du côté d’alfée
du jour dénudé…

comprends bien que tout ne se fait pas en un jour…

« une maison silencieuse n’est pas une maison vide
j’aurai appris ça

les lien se tissent au grenier, à la cave, sous la paille des chaises
les fondations communiquent (…) »

A lire, là :
https://alfeecompagnie.wordpress.com/2016/04/03/un-peu-de-demain/

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mars 12th, 2016 by humtoks

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C’est Aliasse qui tient la cocotte. Toupetitou face à elle.

On connaît tous ce jeu. Combien ? Trois ? Un, deux, trois. Quelle couleur ? Bleu. Tu ressembles à une vache. Sympa !

C’est ALiasse qui tient la cocotte.
Toupetitou face à elle.

– Alors, combien ?
– Rouge.– Mais non. Combien ?
– Ah mais non, oui, euh… Orange !

Tout le monde s’écrie : Bah ça alors !
Et on ne s’inquiète pas. On a l’habitude. On a confiance.

Bah ça alors !

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bah_ca_alors

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décembre 10th, 2015 by humtoks

–> /// Lettre à Lagrande -3- /// <–

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/// Lettre à Lagrande / -4- ///

Dans quelques mois, tu auras le droit de voter…

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IV. De 2002 à 2015 /

Pour moi, les choses sont simples et (mon observation politique ne remontant pas à Mathusalem) débutent en 2002.

En 2002, j’ai trente ans et je rentre pleinement dans le monde du travail.

« Vu ton boulot, c’est pas vraiment le monde du travail… »

Non, tu as raison, mais vu mon boulot, je sais à l’avance quel avenir on prépare. L’investissement sensé, quand on veut anticiper, penser et préparer l’avenir, c’est l’éducation, la santé… pas la mise en place de fonds de pension pour les retraites. (avec tous mes bisous…)

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5 mai 2002 : Le RPR bat le FN au 2nd tour des élections présidentielles et propulse un premier ministre qui met en place une politique libérale. Le vote (82,21% des exprimés en faveur du RPR) est acquis, l’esprit de rassemblement (« front républicain ») oublié, on accélère le démantèlement des Services Publics, provoquant paupérisation et injustices, sans amélioration du côté du chômage, mais avec l’arrivée d’un ministre de l’Intérieur qui livre quelques clés qui permettent aux bien-voyants de comprendre la société qui se dessine, celle dans laquelle nous vivons aujourd’hui.

De moins en moins de Services Publics, abandon de certains territoires (ruraux par exemple), fermeture de classes, de certaines écoles (80 000 postes de profs en moins !), etc.  Sans parler de ce que j’appelle à l’époque « la décomplexitude  » : le vocabulaire du FN passe dans la bouche de certain-e-s élu-e-s du RPR/UMP/LR et se banalise.

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En 2005-2008, la Démocratie passe un sale quart d’heure : les citoyen-ne-s ont voté NON (54,68%) au Référendum français établissant une constitution pour l’Europe, mais, le 4 février 2008, les député-e-s et sénateur-rice-s (le Congrès), réuni-e-s à Versailles, permettent la ratification du traité par voie parlementaire le 8 février. Pourquoi les français-e-s ne votent-ils plus, hein…? On se demande…

Dans le même temps, les plus bas instincts sont excités, les retraites envolées, on se place sur les rails qui mènent vers les gares Élections européennes 2014, Élections Régionales 2015, Élections présidentielles 2017 et 2022 et l’envolée des scores du FN.

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Concernant le PS, le premier ministre a annoncé en juin 2014 que la gauche pouvait mourir. Tant qu’on permettra à celles et ceux qui pratiquent une politique libérale et sécuritaire d’utiliser le mot « gauche », il sera difficile d’avancer. Il faut le contester chaque jour. Le mot est volé et dévoyé, on l’assassine : c’est une stratégie. En retirant ses listes du 2nd tour, en laissant LR et le FN se partager le pouvoir, c’est « la gauche » que le PS assassine encore…  peut-être… (j’avoue ne pas avoir creusé la question).

En 2022, nous aurons sur la ligne départ deux partis nouveaux :  Les démocrates vs Les républicains*. Oui, ça aussi, je l’ai écrit il y a fort longtemps…

[Le roman La fortune des Rougon-Macquart de Zola à relire pur savoir ce qu’est un républicain, et ce qu’est le Salon Jaune…]

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Causes et conséquences : des anars au FN, en passant par le RPR/UMP/LR, on tape sur les valeurs de « gauche », sciemment ou naïvement, en pointant du doigt la politique du Parti Socialiste dans laquelle – faut-il le rappeler ? – les militants Front de Gauche, non, ne se reconnaissent absolument pas.

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Évidemment, c’est une certaine lecture du monde et des faits que je te propose ici.

On te dira ailleurs qu’il est nécessaire de faire encore des économies, restreindre les Services Publics encore, soutenir l’économie car la croissance revenue permettra une répartition meilleure des richesses, un retour à l’emploi (j’entends ça depuis que je suis né…). On te dira que malgré les milliards versés, malgré les dividendes en hausse, malgré les fortunes qui s’accumulent, malgré la fraude fiscale… on te dira : « Y a plus d’argent dans les caisses ».

Ce qui donne du poids au Front National, ce sont les politiques d’austérité, les injustices qui les accompagnent et la présentation de boucs émissaires.
Les gouvernements sauvent les banques sans renégocier la dette qui plombe les finance, qui empêche l’investissement dans les Service Publics, tout en pointant du doigt « l’étranger », « l’assisté ». Il faudra s’arrêter sur ce point. Frédéric Lordon parle très bien de cela.

Tu auras remarqué que pouvoir et argent font bon ménage, sont intimement intriqués : on parle de lobby, d’oligarchie..

Je crois que c’est le moment de te parler des médias et de leurs propriétaires.

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— Alors, ça va, toi ?

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Hum Toks & E.5131

/// "ça, c'est quand le E. s'amuse... / (tu viens jouer, avec lui...?)" / ©E.5131 ///

/// « ça, c’est quand le E. s’amuse… / (tu viens jouer, avec lui…?) » / ©E.5131 ///

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décembre 9th, 2015 by humtoks

–> /// Lettre à Lagrande -2- /// <–

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/// Lettre à Lagrande / -3- ///

Dans quelques mois, tu auras le droit de voter…

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III. L’abstention /

Il existe autant de figures d’abstentionnistes que de figures d’électeurs.

Il y a l’électeur militant, l’électeur qui se dit démocrate-responsable, celui à qui il plaît de jouer en allant faire son loto, celui qui pèse son choix, lit les programmes et suit l’actualité politique au quotidien (grâce à TF1 ou Politis, grâce à Valeurs Actuelles ou Alternatives Économiques…), celui qui ne pèse rien et vote pour le candidat qui offre le plus beau sourire ou le plus joli bouc émissaire, celui qui varie d’une élection à l’autre, un coup à gauche (définition attendue !), un coup à droite, un coup à l’extrême-droite, celui qui suit le troupeau, celui qui sait très bien où se trouvent ses intérêts personnels, etc.

Je comprends l’abstentionniste et je partage bien souvent ses réflexions. Par contre, les raisons qu’il met en avant ne se valent pas toutes.

Les abstentionnistes ne votent pas, c’est entendu. Mais ils sont, eux aussi, divers.

On peut échanger et construire avec beaucoup d’entre eux, quand d’autres restent irrémédiablement sourds. Ces derniers accusent l’électeur de porter des œillères (ce qui est parfois-souvent vrai…), ne voyant les leurs.

– Il y a celui qui expose son abstention à l’aide d’arguments politiques solides :
« Les politiques mentent, font des promesses qu’ils ne tiendront pas, sont à la solde du pouvoir capitaliste. Le pouvoir est maudit. Je ne participe pas à cette mascarade. Je ne vote pas. »
Je crains qu’il ne pèse pas lourd dans le camp des abstentionnistes, qu’il soit très minoritaire.

Si je ne partage pas totalement son avis, je le comprends et n’ai pas grand chose à y opposer si ce n’est que, justement, copain, certains partis souhaitent « retirer le pouvoir des mains de celles et ceux qui l’ont confisqué » pour le redonner aux citoyen-ne-s en changeant les règles et le fonctionnement de la démocratie, de l’expression citoyenne : c’est aller vers la 6ème République.

Lui me répond que je fais le jeu des menteurs, que je cautionne la duperie, ainsi de suite. Nous nous retrouvons toutefois autour d’un verre – un communard – , mais aussi dans les luttes sociales… quand nous pouvons nous parler encore (car parfois la discussion peut dégénérer… ce n’est toutefois, tu me connais ma grande, jamais de ma faute). //oui, papa. ça n’est JAMAIS de ta faute… sommes tous d’accord là-dessus… (le boulet…!)//

Tu verras, tu en connaîtras plein, tu en connais déjà. On partage souvent les mêmes valeurs, on a les mêmes adversaires, on poursuit parfois les mêmes objectifs, mais on ne peut pas toujours discuter ou construire… On me l’avait dit, je ne l’ai pas cru. Je l’ai vérifié, depuis.

– Si je me sens proche de ceux-là, j’ai plus de mal avec ceux qui adoptent une posture, qui tiennent à conserver leur pureté, ceux qui éructent avec la foule, ceux qui n’ont finalement pas vraiment d’avis ni de réflexion politique (ce qui les distingue à peine de certains électeurs, oui, je te l’accorde…). //j’ai rien dit, papa…//

Ceux-là ne sont d’ailleurs pas qu’abstentionnistes du vote, ils sont abstentionnistes d’un peu tout : de l’entraide, de la grève, du mouvement social, de la réflexion collective, des associations de parents, et j’en passe.  Jamais contents, mais jamais nulle part.

– D’autres ne savent souvent pas ce qui se trouve dans les programmes. Ils peuvent écrire (preuve qu’ils portent un vif intérêt à la chose) qu’aucun parti ne soutient les mesures écologiques, anti-capitalistes, anti-consuméristes qu’ils attendent et qu’ils aimeraient voir apparaître, par exemple, le revenu de base, le salaire à vie…?

D’abord, je les encourage à porter ces belles idées au lieu d’attendre que ça tombe du ciel, puis je les encourage à mieux lire les programmes. Celui qui participe à l’écriture est un citoyen comme toi et certains partagent tes valeurs ou tes idées. //c’est à moi que tu parles, là, papa…?//

– Enfin, il y a celles et ceux persuadée-e-s que parce que l’abstention est importante, le « personnel politique » va forcément finir par changer les règles afin de la prendre en compte. Pourquoi ? Comment ? Aucune réponse. Ce qui est certain, c’est que celles et ceux qui sont élu-e-s, ne serait-ce que par 0,1%, ont le pouvoir et font les lois. Alors, pourquoi changeraient-ils quoi que ce soit…?

On peut en conclure que s’ils épousent des valeurs communes, les individus sont différents et ne portent pas leurs idées de la même façon, et qu’ils ne peuvent être réduits au groupe auquel ils appartiennent (il est détestable pour un individu qui cherche la liberté et entretient l’esprit critique d’être confondu avec un groupe… c’est la raison pour laquelle il hésite -souvent- à rejoindre le groupe, le mouvement collectif…).  //argument supplémentaire que tu intègres à ton réquisitoire contre les drapeaux, n’est-ce pas…?// Oui, n’est-ce pas.

De la nuance dans les propos et dans la réflexion, cela ne fait de mal à personne et cela permet d’améliorer la bonne entente, voire le construire-ensemble.

[Aparté : « Celui ou celle qui range régulièrement « les autres » dans un même sac et qui refuse qu’on fasse de même avec sa petite personne… il/elle est sur la bonne voie : celle du doute… »] //monsieur joue le zen… ^^… imposteur ! 😉 //

C’est un peu long ? C’est bientôt fini.
Sur ce troisième point de la lettre que je t’adresse, j’ai encore deux choses à dire.

1) Je crois, moi, que l’abstention est un piège.

L’abstentionniste fait inconsciemment ce que l’oligarchie attend de lui : rester à distance, ne se mêler de rien, n’avoir aucun poids (et laisser les oligarques occuper tous les lieux de décision… et subir…).

Il pense qu’il est inutile d’ « avoir un poids », je pense le contraire tout en le respectant.

2) « On ne peut pas vivre « pire » que ce que l’on vit actuellement. »

Je ne suis pas d’accord. En fonction des personnes qui ont le pouvoir (même avec 15% des inscrits…), qui utilisent les deniers publics pour ceci plutôt que pour cela, qui donnent les ordres aux Forces de l’Ordre par exemple, la vie de nos concitoyens (sans parler des étrangers) peut s’en trouver totalement changée.

Je ne fais pas partie des personnes qui pensent que la relative accalmie acquise au cours du temps soit acquise.

« Quelle accalmie ? »

Je pense aux guerres de religion, d’ethnie, à l’esclavage, à la féodalité, la monarchie, aux nombres d’heures travaillées au début du XXème siècle, au travail des enfants. Je ne dis pas que l’accalmie n’est pas un jeu de dupes, que ce n’est pas une façon d’acheter la paix sociale. Je dis que le retour en arrière (Le grand bond en arrière, Serge Halimi) est possible.

3) « Nous sommes esclaves ! » J’entends et mon engagement politique est une forme de lutte contre l’asservissement, mais je ne pense pas noir ou blanc. Tous les asservissements ne se valent pas, même si aucun, pour moi, n’est tolérable. Oui, j’ai lu Tolstoï, La Boétie, mais aussi Gramsci…

J’ai peut-être tort, mais il n’est pas sans conséquence de vivre à côté d’Oradour sur Glane, d’avoir des grands-parents immigrés qui ont dû fuir leur pays à cause la faim ou du fascisme établi ou du fascisme du pays frontalier, d’avoir des ami-e-s juif-ve-s qui ont perdu une partie de leur famille dans les camps, un grand-père qui ne doit sa vie qu’au faux témoignage d’un inconnu dans une préfecture de la France occupée. Ceux qui portent, de l’autre côté de la méditerranée, les valeurs que je partage, tombent sous les balles : Choukri Belaid, Mohamed Brahmi, etc. Les populations n’ont pas besoin d’être engagées politiquement pour vivre l’enfer. Et je m’arrêterai là, c’est à n’en plus finir.

Peu d’abstentionnistes passeront à l’action pour faire face, je le crains.

Les choix politiques de celles et ceux qui sont élu-e-s modèlent la société, et les conséquences en terme de violence, de répression, peuvent être terribles. Je parle de toutes les violences. Pour finir, je dirai que je pense aux femmes, à toi, ma grande.
La violence ne s’arrête pas à nos frontières. Il faut donner de la voix sur tous les terrains où la résistance est possible, où la construction est possible.

Je n’ai pas parlé encore du vote blanc, du « vote utile », de la différence entre le 1er et le 2nd tour. Ce sera pour plus tard…

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— Alors, ça va, toi…?

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Hum Toks & E.5131

/// la lettre -1- / I. Je l’avais dit… ///
/// la lettre -2- / II. Comment vais-je réagir…? ///

La suite : /// la lettre -4- / IV. 2002-2015 ///

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La parole à la « partie adverse » (des potes et/ou lectures enrichissantes) :

Marcher vers l’utopie, c’est avancer les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, de Yannis Youlountas /

L’importance de la critique dans le développement du mouvement révolutionnaire /

Masters of Democracy de FredD87 /

Je suis abstentionniste et tu viens m’insulter… /

Je brûle ma carte d’électeur… /

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/// "ça, c'est quand le E. s'amuse... / (tu viens jouer, avec lui...?)" / ©E.5131 ///

/// « ça, c’est quand le E. s’amuse… / (tu viens jouer, avec lui…?) » / ©E.5131 ///

 

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