/// les hum.eurs du sieur E. -10- ///

« la campagne -1-« 

le E. a fait l’effort. a croisé un écran, il a fait une pause. pas deux. il a choisi avec soin la chaîne, s’est arrêté sur celle qui retransmet l’événement en continu. un grand nombre de journalistes sur place, un plateau sur place, comme à Roland Garros.
le président est au plus bas, mais les journalistes (la voix de ses maîtres) le décrètent : la campagne est relancée.
le premier discours de « campagne »…
les journalistes commentent un spectacle, reçoivent des invités « en plateau » : il ne s’agit pas de savoir ce qui pourrait être le mieux – organiser la vie en société de l’humain, pas une mince affaire – non, ils sont heureux car il y a du suspens, car ils assistent à un match et c’est le spectacle qui fera l’audimat. et c’est l’extase, ça fuse, ça dégouline, ça explose sous les tables, dans les têtes. peu importent la tête des supporters, l’idéologie des supporters (vous n’avez pas le monopole de l’accusation en idéologie…), les millions sur leurs comptes en banque (arrivés là par le mérite des héritages familiaux, des niches fiscales, de l’évasion organisée – intérieure ou extérieure), le pouvoir concentré entre quelques mains, volé au peuple (démocratie piétinée / le vote NON du traité européen constitutionnel nié).

le président lance sa campagne. le E. la prend en plein tronche…

les journalistes sont convaincus, alors le E. cherche à l’être… la dynamique ! aujourd’hui, c’est « la dynamique » ! c’est le mot de bernadette, c’est la présence de macias, barbelivien, depardieu, clavier. des envies… que ça génère…

le E. doit rester concentré, sinon il n’y arrivera pas.
le mouvement empathique, là, n’est pas aisé.
autour de lui – loin du roland garros tout bleu – ça fuse.
une phrase répétée à l’envi : « cass’toi, pov’con ! ».
comment ? le E. leur rappelle qu’on ne parle pas comme ça ! que c’est indigne… indigne…

il cherche à se laisser happer par ce bleu (loin, bien loin de l’autre bleu, qui rassemble, autrement), ces petits drapeaux… les commentaires des journaleux, aussi enthousiastes que (les) militants… malgré eux, sûrement.

c’est l’ambiance qui fait ça. j’imagine… le spectacle ! quel spectacle ? quel spectacle…
le E. navré.

(à suivre…)

///

salut les parano(e)s !

E.

///

« sans titre » ©E.5131

///

mars 17th, 2012 by